Plaidoyer pour la belle langue.
Mes chers et chères compatriotes révolutionnaires, en lisant avec régularité vos posts, il semble qu'une conscience des enjeux de la qualité du langage écrit ne vous soit pas apparue comme essentielle, c'est d'ailleurs l'argument ordinaire de tous ceux qui hiérarchisent les causes et qui rélèguent l'orthographe, et donc leur langue, au rang des luxes et des luxes, qui plus est, de classe.
Et nous les rejoindrons sur ce point, c'est une arme de classe et c'est en tant que telle qu'elle doit être entretenue, choyée, respectée.
Quand M. évoque à tours de bras les béotiens qui osent l'affronter et mettre en doute l'intelligence éclairée de ses choix irrationnels et dévastateurs, il revient, encore et encore sur leur niveau de langue, illettrés, gitans incapables de s'exprimer sans l'aide d'un avocat gauchiste, manipulation par une puissance étrangère, valeur d'un homme de base par rapport à un député. Ce qu'il pointe, avec la force des croyances et la tenacité obtuse du dogme, c'est un droit, un état de maîtrise de cette langue et des pensées qu'elle véhicule, dont les lambdas seraient, par nature, par essence, privés et qui donc ne leur donnerait pas l'accès à la conception, à l'abstraction, aux filets subtils de la pensée et des actions qui l'accompagnent. Ce qui émerge, vieille plaie grande ouverte encore, c'est la dimension proprement politique du langage, voire sa présence comme élément unique et fondateur de toute politique.
Si nos révolutionnaires chéris n'entrevoient pas l'importance d'une maîtrise de leur propre langue, orale ou écrite, afin de donner le poids nécessaire à leurs pensées, c'est que cette dimension de bien de classe est ancrée au plus profond de leurs représentations et des haines tenaces qui accompagnent la certitude atavique de ne pas faire partie des nantis à cet égard, comme aux autres.
Or, la langue, elle est libre, libre d'être choisie, pratiquée, travaillée, embellie, partagée, parce qu'elle est par sa nature préalable et enveloppante de chacun dès sa naissance, un bien inaliénable et que l'hypothétique maîtrise rhétoricienne n'est qu'un des moyens de s'assurer de la main basse mise sur le droit de tous à l'utiliser pour confier à l'autre, dans une délégation du verbe, le plus intime de sa pensée et la formulation adéquate de ce qui lui sied.
Vouloir lui consacrer l'attention qu'elle mérite, en tant que bien, et en tant que bien, nous le voyons chaque jour, fragile, c'est donner à ce qu'on nomme des "revendications", reliquat de l'idée latente que la classe dominante est celle qui détermine ce qu'elle lache ou retient, en place, et, dans un système dit démocratique, au nom, du reste de la population et que ces "revendications" sont supposées n'être que ponctuelles, corporatistes et ne peuvent pas être intégrées à une réflexion constante de tous sur l'état des rapports entre état, économie, société, justice, savoir, pouvoir et citoyens, autrement dit à de la politique, une fonction de parole infantilisée par essence, mettant aux prises ceux qui demandent et ceux qui octroient, ceux qui savent et ceux qui subissent, la plupart du temps sans s'autoriser à comprendre.
C'est ça qui préside (!) , plus encore qui nourrit le discours de celui-ci, il "sait" pour tous et il le prouve par le maniement plus ou moins habile mais toujours révélateur des clichés de classe dont il ignore qu'ils n'ont aucune prise sur la réalité, qui, elle, ne peut se dire que par ceux et celles qui la vivent.C'est en ce contexte que la capacité à pouvoir exprimer cette réalité dans et avec des mots à qui l'on confie le plus cher de son vécu, en respectant celui-ci et en le rendant transmissible grâce à la dimension régulée, donc commune, des termes qu'on utilise pour le dire EST un acte profondément politique, voire le seul qui puisse permettre de sortir de cette infantilisation de la démocratie représentative. Confier la qualité d'une élaboration sur sa propre existence aux mots d'un autre-social, c'est à coup sûr se voir lésé, condamné aux impasses de l'acquiessement ou du refus sans se rendre maître de l'élaboration. Le rapport à sa propre langue, bien et richesse, au fond seul vrai trésor démocratique, est à construire avec le changement de régime, une réflexion collective à cet égard, c'est à dire extraite du confinement désastreux des murs idéologisés de 'éducation nationale, laissant croire que la " maîtrise de la langue ", maîtrise dont le projet échoue d'ailleurs massivement dns le cadre scolaire, n'est qu'un temps propre à l'enfance-apprentie et que les répercussions de cette maîtrise ou de son absence se dissipent une fois les dernières évaluations effectuées par le système. Pourtant cette maîtrise, avec les développements et la création des espaces critiques dont elle seule permet la construction, est indispensable pour ne pas glisser dans le leurre captivant des dogmes et des slogans faciles. L'écriture fait partie de cette mise en forme. Accordons les pluriels, on en a absolument besoin. EG
Et nous les rejoindrons sur ce point, c'est une arme de classe et c'est en tant que telle qu'elle doit être entretenue, choyée, respectée.
Quand M. évoque à tours de bras les béotiens qui osent l'affronter et mettre en doute l'intelligence éclairée de ses choix irrationnels et dévastateurs, il revient, encore et encore sur leur niveau de langue, illettrés, gitans incapables de s'exprimer sans l'aide d'un avocat gauchiste, manipulation par une puissance étrangère, valeur d'un homme de base par rapport à un député. Ce qu'il pointe, avec la force des croyances et la tenacité obtuse du dogme, c'est un droit, un état de maîtrise de cette langue et des pensées qu'elle véhicule, dont les lambdas seraient, par nature, par essence, privés et qui donc ne leur donnerait pas l'accès à la conception, à l'abstraction, aux filets subtils de la pensée et des actions qui l'accompagnent. Ce qui émerge, vieille plaie grande ouverte encore, c'est la dimension proprement politique du langage, voire sa présence comme élément unique et fondateur de toute politique.
Si nos révolutionnaires chéris n'entrevoient pas l'importance d'une maîtrise de leur propre langue, orale ou écrite, afin de donner le poids nécessaire à leurs pensées, c'est que cette dimension de bien de classe est ancrée au plus profond de leurs représentations et des haines tenaces qui accompagnent la certitude atavique de ne pas faire partie des nantis à cet égard, comme aux autres.
Or, la langue, elle est libre, libre d'être choisie, pratiquée, travaillée, embellie, partagée, parce qu'elle est par sa nature préalable et enveloppante de chacun dès sa naissance, un bien inaliénable et que l'hypothétique maîtrise rhétoricienne n'est qu'un des moyens de s'assurer de la main basse mise sur le droit de tous à l'utiliser pour confier à l'autre, dans une délégation du verbe, le plus intime de sa pensée et la formulation adéquate de ce qui lui sied.
Vouloir lui consacrer l'attention qu'elle mérite, en tant que bien, et en tant que bien, nous le voyons chaque jour, fragile, c'est donner à ce qu'on nomme des "revendications", reliquat de l'idée latente que la classe dominante est celle qui détermine ce qu'elle lache ou retient, en place, et, dans un système dit démocratique, au nom, du reste de la population et que ces "revendications" sont supposées n'être que ponctuelles, corporatistes et ne peuvent pas être intégrées à une réflexion constante de tous sur l'état des rapports entre état, économie, société, justice, savoir, pouvoir et citoyens, autrement dit à de la politique, une fonction de parole infantilisée par essence, mettant aux prises ceux qui demandent et ceux qui octroient, ceux qui savent et ceux qui subissent, la plupart du temps sans s'autoriser à comprendre.
C'est ça qui préside (!) , plus encore qui nourrit le discours de celui-ci, il "sait" pour tous et il le prouve par le maniement plus ou moins habile mais toujours révélateur des clichés de classe dont il ignore qu'ils n'ont aucune prise sur la réalité, qui, elle, ne peut se dire que par ceux et celles qui la vivent.C'est en ce contexte que la capacité à pouvoir exprimer cette réalité dans et avec des mots à qui l'on confie le plus cher de son vécu, en respectant celui-ci et en le rendant transmissible grâce à la dimension régulée, donc commune, des termes qu'on utilise pour le dire EST un acte profondément politique, voire le seul qui puisse permettre de sortir de cette infantilisation de la démocratie représentative. Confier la qualité d'une élaboration sur sa propre existence aux mots d'un autre-social, c'est à coup sûr se voir lésé, condamné aux impasses de l'acquiessement ou du refus sans se rendre maître de l'élaboration. Le rapport à sa propre langue, bien et richesse, au fond seul vrai trésor démocratique, est à construire avec le changement de régime, une réflexion collective à cet égard, c'est à dire extraite du confinement désastreux des murs idéologisés de 'éducation nationale, laissant croire que la " maîtrise de la langue ", maîtrise dont le projet échoue d'ailleurs massivement dns le cadre scolaire, n'est qu'un temps propre à l'enfance-apprentie et que les répercussions de cette maîtrise ou de son absence se dissipent une fois les dernières évaluations effectuées par le système. Pourtant cette maîtrise, avec les développements et la création des espaces critiques dont elle seule permet la construction, est indispensable pour ne pas glisser dans le leurre captivant des dogmes et des slogans faciles. L'écriture fait partie de cette mise en forme. Accordons les pluriels, on en a absolument besoin. EG