A la mémoire du politique ( suite)
Plusieurs "démonstrations", sous la forme de propos tenus publiquement ou d'attitudes se voulant " visibles" laissent un goût amer dans le gosier de ceux qui pensent, encore, que nulle Démocratie ne peut se dire comme telle sans laisser au débat d'idées toute sa place, sans tolérer les postures opposées et les divers mythes idéologiques qui les accompagnent.
Cet espace de la confrontation argumentée est supposé actif et entretenu dans l'hémisphère et anticiper tout vote.
Il va de soi que la torsion partisane si active dans les esprits contemporains, le magma politique du Centre et des émules du gouvernement en place, postulent que QUELS QUE SOIENT les éléments sur lesquels voter, ce vote sera unanime en fonction non de son contenu mais en fonction de l'appartenance politique du député, et laissent trainer l'idée que ce fonctionnement est tout sauf un recours à la liberté de pensée et qu'il a lui-meme généré ce face à face des "extrêmes" qui est une impasse mortifère.
Comment en effet imaginer que tout ce qui est débattu ou voté puisse obtenir les mêmes réponses, si ce n'est dans un écrasement de la liberté de pensée individuelle et dans un développement du conditionnement idéologique : pas d'argumentation, pas de doute.
On ressent chaque jour le poids de l'impasse politique dans laquelle stagne ce pays, et pire, les cohortes de manipulations et de mensonges, de réécriture de la réalité qui accompagnent ces prises de positions "déjà-là" des "militants" que sont actuellement la plupart des députés.
En effet comment souscrire à une décision ou à un discours objectivement contradictoire avec les positions du "parti" ou de l'appartenance désignée sans faire subir à la recherche de la vérité son coup de masse et son immobilisation dans la terminologie qui correspond aux attentes idéologiques immuables des factions en question ?
Dans le marécage pestilentiel actuel, dans l'efflorescence des postures politiques ou médiatiques qui sont d'une certaine façon attendues et certainement pas analytiques, on a vu glisser les appelations portant sur la "victime" de "Nationaliste", à "Catholique intégriste", "extrême-droite", " raciste" bien sûr "fasciste", vers une sorte de condensé d'abomination : "Néo-nazi" sur lequel les voix semblent s'être arrêtées en choeur.
Assez nouveau, bien souillant, bien effrayant et qui semble être ce qui convient dans l'horreur pour justifier le lynchage effectué à plusieurs sur un homme à terre, avec des coups donnés à la tête et ayant entrainé la mort. Tout de même.
On pense à un certain évènement lors des Gilets jaunes où apparaissait la photo d'une jeune femme d'une vingtaine d'années avec son oeil éclaté, défigurée pour toujours, face à laquelle on a eu comme commentaire, "Oui mais elle est d'extrême-droite".
Qu'une telle remarque, comme le glissement vers l'appelation néo-nazi, ne révulsent pas les âmes encore un peu éprises de l'idée de démocratie et de liberté d'expression, chacun se recroquevillant sur sa posture idéologique et ses certitudes, est un des nombreux signaux de ce totalitarisme proné par ce qui est tout sauf une "Gauche" depuis si longtemps dans notre pays mais qu'on pourrait décrire comme un fatras de corrompus faisant équipe avec quelques vestes brunes pas bien futées mais fortes en gueule.
Attention : les esprits échauffés se sont précipités sur le passage "Epstein" de la harangue lyonnaise de M. qui, ceci dit au passage, a troqué depuis sa mue politique totalitaro-islamiste, son éternelle veste à col Mao pour une vêture moins ostentatoire
Mais la répartition dans son discours de DEUX groupes : "eux" et "nous", pronoms auxquels il se réfère sans jamais évoquer : le peuple, les Français etc, est bien plus dangereuse.
Eux et nous : on est condamnés à s'inscrire dans un des "camps", celui du Bon droit totalitaire qu'il "est" ou celui du "Fascisme"...
Les facettes éminamment multiples du politique s'estompent au profit d'une posture binaire ( cf USA) dans laquelle il n'est aucune issue possible que le "pour" et le "contre" au dépend de tout développement et de tout raisonnement sensé.
Il a utilisé le recours au danger du "Fascisme" une nouvelle fois, c'est l'appât qui fonctionne à tous les coups, qu'on peut laisser pendouiller devant les yeux fascinés des masses prêtes àovationner sans discussion chacun des ses aboiements et qui permet de hisser ce qu'il a nommé une "digue" que son mouvement incarne et est seul à incarner, entre l'horreur et... le reste le reste étant "eux". "Je suis cette digue, vous êtes cette digue"... (la seule envisageable) !!! etc.
Donc, en deçà, les Justes, les "Anti", les barrières, les "digues", nouveaux croisés de la seule Cause et au-delà, TOUS les autres, revêtus de la honte et à "tuer", "exterminer" dans une guerre ouverte contre tous les mauvais ismes, : " le racisme" , l'Islamophobie, etc. tout étant regroupé sous l'auréole infâmante du "Fascisme" dans un cocktail imaginaire explosif et producteur d'adrénaline à foison.
Dans ce face à face , l'évacuation complète de tout ce qui fait la spécificité de la Démocratie.
Après les dernières élections législatives, un des députés de ce groupe avait refusé de serrer la main d'un député RN. Personne ne l'a questionné sur ce qu'il entendait par "représentativité", trop complexe, trop symbolique.
Les stratégies habituelles dans un système politique comme le nôtre c'est à dire une agora, sont de répondre "je ne parle pas aux fascistes", et la dernière mouture de cette posture est le refus affiché du résultat des urnes au nom de la "digue" contre ce même fascisme mythique.
Eux.
Et nous : léger parfum de Parti unique, de mélange grossier mais elément pourtant connu de la construction historique de ce même fascisme, entre mode d'action milicien et mode parlementaire, de désignation univoque de la bête immonde, au fond peu importe qui elle est du moment qu'elle remplit son rôle de concentration de la haine groupale.
C'est dans cette allocution où son public souscrit à TOUT ce qui est dit par manque de culture, de clairvoyance, heureux de se resserrer autour d'une scansion de slogan collectif qui a pris place de pensée individuelle, que réside le vrai danger. Au nom de cette lutte contre ce "fascisme", la violence est recommandée, encensée, et les haros sur la minute de silence de l'hémicycle sur la mort de ce militant de "l'autre bord", du bord maudit, révèle simplement l'effondrement du Parlement comme lieu d'exercice de la liberté d'opinion.
Car c'est ceci qui est mort lynché, et dont sans le savoir, les députés ont salué la disparition en se taisant. EG