4.02.2026

L'unique moyen de ne pas nous sentir tomber dans le chaos, désespérément  cherchant un élément solide auquel accrocher ce qui pourrait demeurer stable, un peu, des représentations qui nous ancrent au monde, c'est le biais.
Une façon, au fond sanitaire, de lire le flot des évènements sans devoir pénétrer plus avant dans leur genèse ou dans leur contexte élargi, même si ces deux derniers sont les seuls angles permettant de donner un éclairage de sens aux sursauts incompréhensibles qui animent "l'actualité" .
Chacun se doit de choisir le camp qui va lui permettre de décliner toutes les causes, fussent-elles absolument différenciables, incommensurables,  à l'aide de sa petite lampe torche, aimablement mise à disposition par le "parti " , le "côté", le "camp", qu'il a choisi, auquel il a choisi de confier toute sa lecture du monde et la construction péremptoire de ses " points de vue". 
Débat clos, assons à autre chose.
Ce fonctionnement, devenu quasiment un rejeton du système bipartisan nord -américain, mis à part son inévitable sectarisme qui, comme toute passion, se transforme pour les "adeptes" en chute hystérique dans l'identification corps et âme à sa chapelle, a l'énorme désavantage de guider tous les avis sans reste : exemple.
Les critiques adressées à la prolifération des éoliennes sur le territoire français.
Immédiatement,  cette question, oh combien essentielle à de multiples égards, est enterrée, noyée, consumée dans la partisanerie qu'on peut maintenant qualifier de radicale et, donc, l'appartenance à tel parti, ou les sympathies et les espoirs à son égard sont supposés orienter la posture individuelle à l'égard des éoliennes, comme en fait de tous les choix sociétaux, et non, ce qui devrait être le cas pour toutes les grandes questions sociales, être soumise à une réflexion collective, à une maturation qui soit exclusivement politique, c'est à dire décontaminée des radicalismes irrationnels, menteurs, manipulateurs qui jalonnent absolument toute la vie politico-médiatique contemporaine.
La montée des "extrêmes", ou supposés tels, est le triste témoignage d'un débat avorté en permanence dans les assises idéologiques qui permettent de faire dire à la réalité absolument tout ce qu'on entend lui faire dire et auquel la plupart des lambdas,  pour se tenir, se retenir, se sentir ancrés quelque part dans un contexte national et international délétère, dans un évidente distortion du paysage républicain et mixe frelaté d'oligarchisme et de prépandes mafieuses se situent, par avance, par mesure de sécurité, quelle que soit la nature de l'évènement offerte.
Ceci fonctionne,  pour les  grosses "chaînes" posturales ;  Russie, Israel, Trump,  Islam, Union européenne, changement climatique, néoféminisme, LGTB, de chaque côté desquelles chacun se place comme dans une tranchée et oriente la lignée de ses choix non en fonction de leur pertinence ou des connaissances qu'il peut avoir à chercher sur chacun d'eux mais en fonction d'un avis déjà là, préconstruit et inamovible, marque redoutable de tous les