6.10.2026

La mal game

 La mal game.

Assourdi par les beuglements transalpins contre le "facccccchisme" des réducteurs de tête et détenteurs du bien, beuglement uniforme, monocorde et monochrome, utilisé partout, tout le temps, c'est le son ténu de l'estomac des "menus"* de base qui se perçoit sous forme de nausée quotidienne, d'écoeurement difficile à reléguer, devenus une sorte de nouveau rituel somatique pour répondre aux horreurs et au pourrissement de cette culture qui est la nôtre. Qui était la nôtre.
La confusion, la colère, la "récupération" comme on dit, par les fosses septiques médiatrices qui nous déversent, heure après heure, jour après jour le flot ininterrompu de leurs "commentaires" insipides mais toujours offusqués à notre place, de leurs "témoignages", qui hiérachisent l'immonde, qui qualifient le justifiable ou l'insupportable, nous a(en)cculent à devoir faire partie du mouvement entrainant la liquéfaction générale.
L'ère de la Poufiasse est une ère du lynchage. Une ére sans parole, une ère de hurlements et de hoquets scandalisés.
Et, comme face à n'importe quelle horreur, il s'agit toujours de désigner un coupable, parce que ça libère et que ça épargne le difficile travail de la compréhension, c'est fait.
On l'a trouvé, on va le pendre et dans la foulée on va encore apprendre à se méfier un peu plus de tous, tout le temps, même au sein de sa propre famille. Voisins, éducateurs, personnels divers, tout ce qui gravite autour de l'"Enfance" va devoir être soumis à une inspection permanente, relégué, condamné., épié.
L'enfance que, bien sûr, chacun s'approprie comme sienne pour la "protéger" en étant convaincu de connaître ses besoins, ses peurs et sans plus même se rendre compte comme elle a été, depuis longtemps, réduite à la concupiscence des experts et aux appétits sans limite de l'Homo-consuméris.
Parce que pleurer sur ce crime, sordide, en quoi est-ce plus légitime que de pleurer sur celui du petit garçon étranglé par un aîné, lui aussi enfant, pour quelques euros de matériel de pèche ?
En quoi l'horreur est-elle plus horrible quand c'est, dans l'un comme dans l'autre cas, tout le système symbolique des valeurs qui manifeste son effondrement. Système cultivé dans le discours comme obsolète, réactionnaire, patriarcal, et bien sûr "fasciste" .
Système où tout se vaut surtout la "différence", mélangée sans succès avec l'"égalité".
Tous pareils, tous égaux, tous broyés dans le compresseur mondialiste progressiste de l'individu auto-généré.
Seulement le "tous pareils grâce à nos différences", ça ne marche pas.
Aucun groupe, quelle que soit sa nature, ne se crée sans désigner, immédiatement, son exclus, c'est même cet exclu qui lui assure son homogénité.
Comment peut-on couper les couilles des mâles depuis des décennies, leur infliger toutes les opprobres à longueur de militance et être surpris que les plus fragiles d'entre eux puissent se replier vers la violence prédatrice contre les petites filles faciles à séduire, pas encore effrayantes, pas encore castratrices ?
Comment peut-on avoir transformé la sexualité en une sorte de foire d'empoigne où tous et toutes peuvent à la fois exhiber leur génitoires, leurs érections, leurs vulves dilatées et, en voyeurs excitables à merci, les regarder avec avidité pour générer l'éveil fastidieux du peu de libido disponible dans des imaginaires usés jusqu'à la corde, sans envisager que les limites pour maintenir cette excitation doivent nécessairement être brisées ?
Comment peut-on imaginer que la plupart de ces petites filles aient pu s'abandonner au regard vénal de ces pédophiles dévirilisés derrière leur écran sans devoir, vouloir en parler immédiatement à leurs parents, comme si ce qui se déroulait à la sortie de l'école, ou lors des "invitations" allait de soi comme existant en dehors de la famille et était d'une certaine façon assez naturel pour ne pas devoir être mentionné immédiatement comme monstrueux ?
Quel rapport avec les parents peut-il justifier cet oubli, ce secret, cette négligence, cette césure entre le monde dans lequel des hommes offrent chaque jour des goûters à ses filles à la sortie et le monde de la famille, supposé, tout de même, avertir, protéger, anticiper, questionner, s'inquiéter.
Comment peut-on ne pas entendre sous l'horreur, l'immense abandon dans lequel cette jeunesse se trouve, tenue de régler ses comptes elle-même, tenue de ne considérer le monde adulte que comme un univers obsolète auquel elle ne peut que s'opposer, violemment, ou qu'elle doit négliger comme inutile ou dangereux ?
En dehors des errements et des failles impardonnables de la justice, la question unique à poser est aux adultes en charge de la société civile, ces générations qui ont tant et tant réchignés à grandir, qui craignent et considèrent la vieillesse comme une sorte de faute impardonnable et qui ont absorbé l'idée du bienfait des rêves d'une jeunesse éternelle, d'une immaturité bénie, d'un accès à la vie comme à un dû et de la fuite permanente devant les responsabilités.
Comment peut-on ne pas associer ces passages à l'acte transgénérationnels devenus quasi faits communs avec les politiques progressistes menées sous couvert d'un scientisme pervers, depuis des décennies, autour de l'enfance, qui, une fois qu'on lui a attribué une sorte de savoir et de maîtrise de son destin, une fois qu'on l'a mise "au centre" du système éducatif, devient même à même de décider de la réalité de son sexe, d'être médicalisée avec des bloqueurs de puberté utilisés pour castrer chimiquement les violeurs et d'être initiée aux joies d'une pratique sexuelle libérale et de la merveilleuse ronde des genres et des amours officiellement, dans le cadre poreux des bâtiments scolaires et sous le regard pédophile refoulé des technocrates de l'expertise. EG
* Les "menus" sont, au Moyen-âge, la catégorisation de ceux qui mangent peu et pèsent peu par rapport aux nantis de l'ère féodale.

La mal game