6.04.2026

Perdus en mère

4 juin 2026
Perdus en mère

Le parti que le peuple appelle de ses voeux en lui confiant une sorte d'espoir final pour redonner un peu de dignité et de crédibilité à cette nation est INCAPABLE de prendre la situation sous ses divers angles et dans sa complexité.
Son seul, absolument seul argument réside dans le "traitement" de l'immigration, la répression, les caméras, la prison etc.. pensant que l'appareillage technique, le nombre, pourraient changer ce qui est du ressort d'une crise anthropologique fondamentale radicale du rapport à l'autorité et des valeurs intergénérationnelles comme ossatures sociales indispensables.
Il a existé, historiquement, des moments où la jeunesse d'un pays était lâchée et livrée à elle-même. On pense aux "Apaches" d'après -guerre entre autres. A chaque fois, il s'agissait de temps où la présence réelle et symbolique de l'autorité paternelle et ce qui la représente s'étaient effondrée.
Comment peut-on imaginer, dans un pays où depuis des générations les pères ont pu être plus rentables pour le budget familial quand ils étaient absents, lorsque le fait de ne pas reconnaître leur enfant s'avérait plus lucratif pour le bidget familial, que leur autorité ne soit pas complètement annihilée ?
Comment peut-on imaginer, quand on demande "Mais que font donc les parents ?", que la plupart, voire tous, sont des parents sans père, et que seules les mères sont les éducatrices de ces fils qui sont coincés entre le foyer où ils donnent sens à la vie de leur génitrice, qui n'existe que par et à travers eux, et le monde extérieur qui est dépeint comme mauvais, dangereux, persécuteur, à combattre.
Les mères, a fortiori dans les cultures musulmanes, SONT leurs fils, la marque de leur succès personnel, de leur force et le fait qu'en France ce lien exclusif soit renforcé par la reconnaissance financière de ce face à face en privilégiant les foyers sans père, ne fait qu'accentuer la folie implicite présente dans cette situation.
On va affirmer que les débordements, simplement visibles maintenant alors qu'ils existent depuis des décennies dans certains quartiers, sont, évidemment uniquement en partie, liés à un glissement vers un matriarcat résiduel, non théorisé, non revendiqué qui pose une alternative au devenir des enfants mâles : la matrice d'une impunité totale au sein du foyer ou la hiérarchie des "frères" au sein du quartier, avec sa logique d'internement psychique intragroupal, ses territoires et sa hiérarchie de préséances incrustée dans le réel et le rapport de force.
Tout ce qui est du ressort du symbolique et de l'institutionnel, de la loi donc, et de la construction d'un lien avec un devenir-avenir individuel : école, police, santé, est la vitre contre laquelle se concentrent les effets de ce couple mère-fils où les mères se revendiquent définitivement non comme garante d'un système social vers lequel elles éduqueraient leur progéniture mais comme celles qui les défendent contre lui.
Le voile qui s'abat, pour, au sens multiple du terme, "les couvrir" est alors celui du déni, de la mauvaise foi, du mensonge comme des évidences contre les atteintes à la probité de leurs fils et le fantasme que ce que ces mêmes fils rapportent en allocations sont est une sorte de revenu pour assurer leur protection contre le monde à rejeter, même si ce dernier fournit les subsides depuis la naissance.
C'est un système où l'enfermement n'est pas perceptible puisqu'une homogénéité totale des comportements, du langage et des postures se manifeste dans des groupes sans autre colonne vertébrale que la force avec laquelle leurs membres cassent, la matière, appartenant à l'autre inaccessible de la collectivité contre laquelle se déchaîner étant la seule forme de l'opposition concrète qui se manifeste en barrant leur désir.
Il n'est pas surprenant que la force dynamique de ces groupes sans tête puisse s'exprimer sur n'importe quoi et n'importe comment puisqu'elle est le fruit du bain dans un matrice maternelle toute-puissante mais informelle dont ils ne sont pas sorti.
Le destin des femmes musulmanes étant simplement plus anciennement organisé autour de la fusion et leur reconnaissance sociale plus largement dépendante de leur capacité à engendrer des fils, quel que soit leur avenir, fils "innocents", bénis, adulés a priori puisqu'elles n'existent qu'à travers eux.
Pas surprenant non plus que les entrismes hypervirils des extrémistes soient les seuls à pouvoir avoir un effet sur la remise en ordre et une désignation de l'autorité et la stricte valorisation du rapport hiérarchique, ce matriarcat implicite le créditant du pouvoir sans s'y opposer contrairement à toutes les autres structures institutionnelles qui vivent leur lente agonie comme éléments collectifs fondateurs et fondamentaux de notre société.
La réalité statistique des profils des participants n'est que la preuve d'un mal qui touche culturellement toute la distribution intergénérationnelle et l'écrasement du rapport à l'autorité, dans tous ses champs de signification, de la dévalorisation de l'âge adulte comme pôle à atteindre, devenir, objectif à caresser dans sa totalité.EG

Bagatelle pour les massacres N°2