4.03.2025
A table !
3.31.2025
A quoi bon le face-à-face si on ne peut jamais se touner le dos ?
La visite matinale aux réseaux sociaux déclenche toujours la même sensation de malaise, comme pourrait le faire la participation à un combat de boxe qui exigerait d'être à la fois spectateur et acteur et surtout comme la répétition ad vitam aeternam d'une situation conflictuelle se nourrissant d'elle-même et sans issue possible.
C'est peut-être en partie dans cette impasse, propre aux situations de guerre que réside la dimension totalitaire du néolibéralisme du "soft power", chacun est condamné à brandir sa version de la "vérité" sur des évènements, produits ailleurs que dans sa propre existence, ailleurs donc que là où il est supposé avoir encore un peu de pouvoir et chacun surtout est condamné à s'accrocher à sa propre version non en terme de production d'un point de vue qui soit le fruit d'une analyse mais en terme de posture morale.
Or qui dit morale, dit uniquement face-à-face mortifère entre le bien et le mal.
Les temps de guerre sont caractérisés par ce clivage net entre ennemis, séparés par la limite claire de ce que chacun des camps considère comme son bon droit.
La paix, au contraire ouvre les possibilités de déradicalisation et permet à chacun, groupes ou individus, de souffler un peu dans l'à-peu-près du bien, en dehors des limites contraignantes pour la santé mentale de cette répartition binaire.
Il n'est pas de paix sans possibilité de concession, c'est à dire de prise en compte des intérêts de l'autre quel qu'il soit.
Or cette prise en compte est radicalement exclusive de critères moraux puisque ceux-ci ne concernent que la façon dont chacun se situe au regard de ses propres choix à la fois dans son rapport à lui-même et dans son rapport aux autres.
La négociation entre les diverses situations et leur pendant institutionnel, la justice , peut représenter ce qu'on peut qualifier de dynamique de création d'un bien commun, qui peut se métaphoriser sous la forme d'une sorte de transcendance des différences et devrait caractériser la fonction même du politique.
Lorsqu'il s'agit de maintenir des groupes ensemble, on peut considérer que le jeu politique se situe toujours dans l'entre-deux, c'est à dire dans la préservation au moins pire des intérêts ne pouvant qu'être irréconciliables si il s'agit de les réduire les uns aux autres.
L'explosion, relativement récente, en minorités du grand récit culturel contemporain, trainant derrière lui son pendant inamovible de victimisation met sur la scène politique les droits, incompatibles, à demeurer minoritaires tout en étant parfaitement reconnus comme intégrés à l'ensemble social.
Elle a complètement modifié ce rapport à l'ensemble supposé caractériser la vie politique. Il n'est en effet de minorité que s'opposant, et à d'autres minorités et à l'ensemble devenu exhangue parce qu'inqualifiable autrement qu'en terme numérique de majorité, ou en terme de lieu fantasmatique de la "répression" c'est à dire, à travers cette opposition qui est la définition même du syndrome minoritaire, n'existant qu'en recréant à l'infini des conditions de scission, de séparation, de face-à-face propres à la guerre, soumis au binarisme moral bien.mal et à ses impasses.
La nature de cette promotion minoritariste au rang de seule possibilité de posture politique exclut tout champ de négociation, tout champ de concession entre des entités décrites comme séparées par "essence" par "nature".
Le face-à-face qui devient structurel remplace le champ de la négociation, de la concession et fait l'impasse sur une entité imaginaire mais vitale pour toute forme de cohabitation, de "bien commun" c'est à dire toute forme de construction du politique.
A quoi bon se faire face si on ne peut choisir de se tourner le dos ?
Au "minoritarisme", on peut adjoindre, avec les mêmes travers, la distribution politique partisane, ayant dans sa constitution mission d'attribuer les décisions concernant l'ensemble à des formes de factions se déclarant par la légitimité fictionnelle de leur appartenance, représentante d'entités imaginaires comme "le peuple" ou "la nation" mais incapables de prendre ces mêmes décisions en pouvant s'élever au-dessus du biais partisan de leurs prémisses sectatrices.
Le malaise évoqué plus haut et certainement ressenti par beaucoup est dû, au moins en partie, au fait que la parole est absolument confisquée, standardisée, mutilée par la primauté de la position morale adoptée comme sorte de garantie existentielle qui ne peut autoriser quiconque à sortir de ses balises et de ses croyances, quelles qu'elles soient, sous peine de tomber dans le "camp du mal" et par la négation radicale de toute manifestation d'une réalité autre qu'elle implique.
Les temps de guerre dans lesquels nous sommes ne sont peut-être que ceux de cette impuissance à créer de la synthèse, c'est à dire du champ transcendant le minoritarisme et l'aliénation partisane et la dichotomie qu'ils engendrent.EG
3.30.2025
Sale bâtard and Co.
La complexité et la forme intouchable du réel ne doit pas empêcher de tenter de saisir, au vol ou logé sous son apparence, quelques traits qui caractérisent le mouvement civilisationnel dans ce qu'il a d'inédit et donc de difficile à circonscrire.
Au fond, la seule planche de salut à laquelle s'accrocher peut être la constance de caractéristiques comportementales propres à l'espèce donnant à des phénomènes pouvant sembler inédits leur consistance et surtout, permettant peut-être d'anticiper les effets de changements d'ordre anthropologique sur nos représentations de nous-mêmes : pouvoirs, limites, apprentissage etc.
Chaque chose en son temps, et ici, la soumission de quelques hypothèses sur l'interdépendance entre les capacités langagières et le vécu émotionnel.
Oui, pas l'expression émotionnelle, le vécu émotionnel...
On évoque régulièrement pour ceux qui veulent bien l'entendre la progressive paupérisation occidentale (et peut-être mondiale) du patrimoine expressif : écrit, langage parlé, art, toutes les formes vitales de l'urgence humaine à exprimer, sortir de soi, presser au-dehors, symboliser, autant comme membre d'un temps social particulier qu'en tant qu'individu aux prises avec ses montées émotionnelles permanentes et confuses, semblent soumis à une forme de désertification de la créativité et d’engluement dans des répétitions dont on peut sentir l'essoufflement.
On a ici une des conséquences, une parmi tant d'autres, de ce qu'on nommera la loi de clôture du marché, c'est à dire du lien consommateur/producteur dans tous les champs socio-culturels où dans un cercle fermé tourne sur elle-même la proposition de création qui réponde aux attentes qui se modélent sur les propositions de création. Autrement dit, le lieu de supposée prolifération : des objets de loisirs, des objets d'information, des objets politiques, idéologiques, tous coincés dans le mouvement de redite consommateur.producteur où n'est offert que ce qui est attendu qui en retour modèlise ce qui est offert.
Le néocapitalisme a cette particularité, en ayant recouvert absolument toutes les aires du vivant, de l'inanimé et de la pensée, d'être en mesure, c'est ce qui assure sa survie voire son éternité, d'avaler TOUT évènement, quel que soit sa teneur, pour le recracher, modélisé, rentabilisé.
Ce qui est censé échapper à cette forme d'anthropophagie systémique n'a comme destinée que de se "pragmatiser", c'est à dire de se débarrasser de toute excroissance afin de pouvoir devenir digestible, ou de disparaître, corps et bien comme rebus. Il va de soi que la langage, le langage humain ne fait pas partie de l'indispensable pour le fonctionnement de la grande machine à broyer.
Le langage humain, au fond, à quoi ça sert ?
Le langage, le langage humain ne peut pas se réduire aux algorithmes, ni être essoré de toute sa prétention à l'inutilité.
Tout ce qui est dans la sphère du symbolique non plus d'ailleurs.
On peut relier l'appauvrissement actuel du langage à ce diktat de l'efficace, du quantifiable, du mesurable qui fonctionne lui aussi dans le mouvement en miroir du consommateur. producteur : émetteur. récepteur où l'illusion d'une compréhension parfaite, immédiate est elle aussi une marque de cette pragmatisation devenue entité quasi divine.
N'oublions pas le slogan de Bush et son recours de campagne au "plain speech" comme garantie de vérité.
La progressive perte des capacités d'expression, principalement langagières, c'est à dire la diminution drastique du nombre de mots à la disposition de l'individu peut être considérée sous plusieurs aspects :
Dans le contexte du regroupement de bande, meute, qui est une des modalités de socialisation de très nombreux adolescents et jeunes adultes et le type exclusif de modalité de socialisation des réseaux, cette paupérisation fait partie des sas incontournables qui jalonnent l'appartenance . Se reconnaître entre membres, c'est avant tout ne proférer que de l'intelligible, du hors de danger de l'inconnu, c'est à dire ôter la dimension exploratrice du langage, à la fois comme sorte de source de lumière ou d'ombre sur la vie intérieure et sur l'environnement. Il est donc impossible de s'autoriser à faire travailler son patrimoine langagier en dehors des clous des kit verbaux du groupe, qui fonctionnent plus comme codes d'appartenance que comme construction symbolique strictement personnelle.
On constate quotidiennement dans l'engouement pour les facéties diagnostiques où chacun croit trouver ce qui pourra le dire à sa place en s'équipant d'un intitulé tout droit sorti du DSM5, à quel point le discours sur soi, supposé tout de même être le lieu de l'intimité et de l'unicité subjective, est , dans les termes descriptifs de l' appartenance de genre ou dans la description de ses "troubles", lui aussi absolument soumis presqu'entièrement au carcan des stéréotypes.
Cette même paupérisation amène dans son sillage un recours extrêmement rapide aux fonctions langagières basiques, dès qu'il est nécessaire de sortir des voies balisées. Faute d'élaboration possible, le moment de rencontre avec l'inconnu se réduit aussitôt à des terrains réactifs archaïques : attaque, défense, comme le font les aboiements, c'est à dire qu'en son sein, le panel le plus actif est celui de l'expression immédiate de mises en gardes, de provocations, c'est à dire le registre, pauvre lui aussi, des injures utilisées comme mode relationnel quasi unique et matière privilégiée de rencontre avec l'autre dans l'usage de la parole.
L'hypothèse évoquée plus haut est que dans un mouvement de va-et-vient, cette paupérisation expressive va en retour appauvrir la complexité des manifestations émotionnelles, réduites à perdre leur usage, comme on perd une langue qu'on ne pratique plus.
Toute situation est TOUJOURS source d'une production complexe d'émotions, qui se mélangent et se recouvrent, mais qui balisent le rapport à la réalité comme sorte de signal de la place à y prendre. On peut imaginer que lorsque cette complexité est coupée en quelque sorte de ses moyens de description, elle opère une sorte de régression, voire d'effacement au profit des émotions les plus "performantes", et les plus directement perceptibles et identifiables.
Si la complexité, l'entremêlement n'ont pas les moyens de prendre forme par l'intermédiaire du substrat langagier qui leur donne vie, ils s'étiolent et disparaissent.
On peut aller jusqu'à dire que n'existe comme émotion, pour un humain que ce qui est exprimable mais que de la complexité de cette expression dépend la survie émotionnelle qui sans cette issue se réduit aux sensations les plus intenses et les plus enracinées dans les réflexes de survie. Comme une sorte de régression à l'animalité à travers la misère des codes.EG
3.27.2025
Lire, c'est pour les vieux.
Lire, c'est pour les vieux.
Un plaidoyer fort, nécessaire contre la bestialisation de l'espèce.
Oui.
Oui mais.
Ce qu'on peut évoquer peut-être comme moteur de la désagrégation collective de l'intelligence occidentale, c'est à dire la disparition, au profit d'une sorte de sensibilité réactive permanente, du recours au "moment plat" de la réflexion, ( jeu de miroir, d'aller et retour entre l'objet perçu et la réaction que sa perception entraine) moment donc de silence relatif, nécessaire au temps de l'analyse, le temps nécessaire pour vérifier, au moins en soi, les causes et la légitimité de la soudaine inflammation qui amène une confusion entre ce même objet et la propre survie de son sujet récepteur, moment, comme le mot lui-même d'intelligence le signifie, où se tissent ou se révèlent des liens entre la quantité d'éléments toujours actifs dans n'importe quel évènement et où la tension de ces liens ne peut s'opérer que dans un travail mental du sujet aux prises avec lui-même, cette désagrégation donc, c'est, disons-le ainsi : plus qu'un état d'esprit, l'état des esprits qui se prête et se soumet surtout, avec une telle urgence, au broyeur des réseaux sociaux.
Il s'agit bien d'une urgence en effet : celle "d'en être", de participer à ce que les Américains ont nommé, dans leur capacité à tout acronymer qui n'a peut-être, après tout, pas que du mauvais, ""FOMO" the Fear of Missing Out", autrement dit, en se débranchant, la peur de passer à côté de ce qui est important, non parce que c'est un contenu essentiel pour vous ou la compréhension du monde mais parce que le fait de l'avoir incorporé et absorbé au plus rapide vous place en quelque sorte dans le sens du courant, ou en haut de la vague.
Cette forme d'urgence qui s'apparente à une addiction où l'état de satiété n'est jamais atteint, qui peut, si elle est contrariée, déclencher des crises d'angoisse, de dépersonnalisation n'est pas qu'un phénomène propre aux adolescents ou aux jeunes adultes, on croise à longueur de temps des "informés" compulsifs qui se sont promus et ont été promus dispensateurs de savoirs sur ce phénomène volatile qu'est "l'info" et quant à cet accrochage bec et ongle à la vague, à la lumière supposée vous éclairer générée par l'"actu" sous toutes ses formes, n'oublions pas, afin de pointer la relation entre "en être" et tomber dans l'obscurité de la non-visibilité, qu'il y a encore peu de temps les relégués pour dissidence propagandico-médiatique étaient (et sont encore) mis dans "les soutes", "les cales" des réseaux sociaux c'est à dire hors du champ du "fil"commun où chacun se sait ou se croit "visible", ce qui est, dans le bréviaire théologico-technologique la même chose que de se sentir vivant.
Ce que ces réseaux induisent avec la transformation en simples batteries réactives d'un type humain ayant eu il y a encore quelques décennies une profondeur subjective, un pouvoir, au moins relatif, sur le flot de leurs émotions immédiates et une capacité d'isolement dans le bruit assourdissant du monde, c'est le liant.
Pas le lien, le liant : matière extraite des échanges et transformation de leur contenu, de leur pouvoir expressif en densité algorythmique dépourvue du moindre sens, mais ayant le pouvoir de rassembler et d'unifier pour les transformer des signifiants parcellaires déposés dans le flux, expurgés du contexte de leur production, privés donc de toute portée ou recherche de cohérence symbolique, matière perpétuellement mobile, opérant comme une forme de huilage "insignifiant" mais permettant à la dynamique de se perpétuer et qui est une des caractéristiques du processus de formation de la MASSE.
Une masse, quels que soient les différents mouvements, groupes, sous-groupes, fans clubs etc. qui la composent et qui portent les corpuscules imaginaires qui la forment, c'est un conglomérat où le contenu n'a pas d'importance dans la mesure où il n'est supposé être utilisable que pour générer ce déclic, cette étincelle permettant l'incorporation des interventions des individus à la propulsion qui la constitue, individus réduits à être partie "prenante", au sens propre du terme, du mouvement qui n'a comme réalité que d'être impérativement, vitalement condamné à l'"actuel", c'est à dire soumis à l'heure, au jour de son émission et à son effacement simultané par les médias et les mémoires, "rails" du mouvement infini de l'information, quelle que soient leur obédience supposée et leurs formes.
"En être", c'est être à même de se déplacer sans répit sur cette ligne du temps de l'évènement et de l'amnésie qui le suit, d'un contenu à un autre, effaçant au fur et à mesure les contenus précédents et se connectant, dans des face-à face souvent extrêmement violents, à d'autres réceptacles, eux-aussi "connectés" à la nouvelle décoction qui devient "ce dont on parle" sur ces mêmes réseaux et qui tisse ce liant évoqué plus haut, caractéristique de la masse.
Le "sérieux" ou la gravité de ces contenus, ou leurs thèmes n'ont que peu d'importance puisque ces derniers ne sont utilisés que comme déclencheurs d'inclusion, ici, terme loin du sens idéologisé, mais décrivant la possibilité, sous une forme hélas devenue unique pour lui peut-être, de l'individu de se faire partie prenante-prise du mouvement, devenu soumis à un renouvellement permanent dans ce nouveau flux, de ce nouveau liant social qui n'est pas un lien et qu'on va appeler "le changement" ou "la mode" ou "la tendance" ou "le (re)nouveau".
Ce système a adulé et promu une hypothétique "jeunesse" comme valeur de référence, forme ultime et incarnation de ce travail permanent de dissolution du passé, propre à la dynamique de la production/consommation. Passé comme lieu d'enracinement des mémoires devenu une sorte d'objet de déni, de plainte, de condamnation permanente, encore une fois non tant quant à ses contenus, de toute façon toujours soumis à l'arbitraire d'une reconstruction orientée par les préjugés, mais simplement fautif d'avoir existé.
Ce "passé", cette "époque révolue", autrement dit la matrice de l'histoire à la fois individuelle et collective, est devenu lieu de fantasme portant une responsabilité absolue sur les déboires du présent et s'oppose à la valeur, quasi absolue elle aussi, devenue mythe fallacieux d'une sorte d'éternité toujours reconduite incarnée par une hypothétique "nouvelle génération" porteuse de tous les espoirs de renouveau et d'un pouvoir, lui aussi fantasmé, de rédemption, bien sûr sans vraiment préciser la nature de ces espoirs autrement qu'en une idéalisation, incurable apparemment, de la capacité évolutive de l'espèce humaine, ceci sans non plus noter que de sectionner en tranches d'âge de dix ans la population (occidentale) globale avec l'arbitraire d'une seule lettre, comme si une lettre pouvait jamais gagner du contenu signifiant, lettre qui désigne et induit ses soi-disant élans, efforts, spécificités, on postule en arrière-plan que chacune de ces générations, qui ne sont plus des générations au véritable sens du terme, c'est à dire avec la passe et la transmission qui les caractérisent mais des étiquettes modélisatrices, sera elle aussi réduite, condamnée comme tout passé, à la disparition, toujours elle aussi soumise à l'effacement par celle qui la suit.
Faire de "la jeunesse" une sorte de qualité en soi , d'ion libre supportant toutes les projections inconscientes, toutes les peurs et les attentes est d'autant plus catastrophique que cette dernière est écrasée par cette dynamique instoppable du flux médiatique dont elle est la substance même, sorte de victime expiatoire de cette anthropophagie médiatique, alors que les critères d'appartenance et de participation à ce dont "on parle" : conflits, positions, soumission, leaderships, usages langagiers etc. au sein des collectifs divers ; lycées, universités etc. sont beaucoup plus intenses au moment de l'adolescence qui peut considérer une exclusion de son groupe de référence comme une forme de condamnation à mort et où l'identification aux pairs et aux référents horizontaux dominants a complètement pris la place de l'identification verticale aux adultes qui servait de moteur à la création d'identité avant que le mythe progressiste de "la jeunesse" comme entité, état, objectif collectif à atteindre, capacité de compréhension, aux relents vaguement totalitaires, d'un bien universel, sorte de vêture attirante du marché et dépositrice du Progrès, du Changement, de la Mode, de la Tendance divinisés comme unique valeur, ne s'impose comme mode de se penser soi-même à travers tous les poncifs, les catéchèses devenus des marqueurs complètement intégrés du discours sur soi et sur l'autre vecteur de tous les diktats idéologiques de l'Esprit de mode comme impératifs .
Il va de soi que l'addiction de masse aux écrans génère de véritables déficiences et certainement en fonction de sa précocité, des dommages langagiers, relationnels, neurologiques et psychologiques irréversibles mais ce n'est pas uniquement sous cet angle que doit être considéré son succès global et la place quasi omniprésente qu'ils ont pris dans la vie quotidienne de certaines générations : Le fait de porter son "portable" impérativement visible dans la poche arrière de son jean, ou à la main en marchant, en conduisant, en courant, en pissant, en nourrissant son enfant, en promenant son chien, en achetant un pain au chocolat, n'est pas la manifestation exclusive d'un lien aux contenus mais la marque d'une "appartenance" à ce qui "se fait" et au fait d'"en être".
Mais ce qui "se fait", aura-t-on la capacité de nous en rendre compte, est un poison mortel pour ce qu' "on est", surtout en des périodes charnières de l'existence.
Bien sûr lire est une planche de salut pour l'intelligence mais qui lit n'est pas dans l'univers de l'impérieuse visibilité et de sa propre vie validée uniquement quand elle se rend spectaculaire ou quand elle se doit de témoigner en permanence de sa présence au spectacle donné par d'autres et si le contenu du roman et l'expérience absolument solitaire qu'il implique ne sont pas avant tout partageables avec les pairs celui-ci ne peut pas prendre de poids dans le carcan préformé de l'existence médiatisée où ce qui ne se donne pas à voir n'existe tout simplement pas. Lire devient une source d'isolement, une marque de la désuétude, une condamnation au déclassement dans la foule des dépassés. Et contre ça, lire, quels que soit les bénéfices incontestables pour la survie mentale et la culture de l'intelligence, ne peut ni ne fait rien.
"Lire, c'est pour les vieux" m'a dit un jour une voisine d'une trentaine d'année avec qui j'avais quelques mots.
Voilà : lire, le livre, et dans la foulée même de ce qu'il véhicule, parler, c'est à dire être attentif à la nécessité de chérir son patrimoine langagier parce qu'on n'a pas grand chose d'autre pour se dire si on ne veut pas être condamné à n'être que des réciteurs de fables écrites par d'autres, l'absorption de sa propre langue pour vivre et pour s'équiper qui excède 500 mots, sont dorénavant catégorisables comme "obsolètes", c'est à dire que la dynamique de l'amnésie et de l'effacement dans l'immédiat réactif émotionnel ont définitivement pris la place du temps de la maturation et de la raison qui la guide.EG
3.24.2025
Assemblée ?
3.22.2025
La chasse aux vieux N°5
La chasse aux vieux N°5
On peut faire l'hypothèse que s'est opéré un glissement de l'objet stigmatisé à sacrifier depuis une dizaine d'années. Les propos concernant injurieusement la race ou le sexe sont maintenant soumis à une opprobre qui va jusqu'à légitimer la création de "commissions" de la pensée chargées de redresser tout mauvaise attitude, tout geste déplacé, tout fantasme même et dans la foulée tout second degré, l'adhésivité à la description du "réel" idéologique ne laissant que peu de place au recul nécessaire pour comprendre et surtout apprécier l'humour.
Donc plus d'insultes, plus de généralisations sur des critères naturalistes quels qu'ils soient : handicap, poids, apparence physique, couleur de peau, réalité génétique etc.
On passe sur les appartenances religieuses, elles aussi soumises à une javelisation des préjugés, ou politiques où les régles de l'ostracisme réciproque aménent sans problème certains qualificatifs à se maintenir très stables à travers le temps jusqu'à sembler être les seules évidences rhétoriques restées disponibles.
Mais dans toute crise, ou dans tout système de pouvoir uniquement fondé sur la création de crises, le réflexe de survie, d'entendement, implique la détermination d'un accord sur la cause, le choix de responsables à jeter dans le puits, rôle que les Juifs ont joué abondamment dans l'histoire mais pas qu'eux.
Dans notre époque formidable, tous ces groupes marginalisables et candidats potentiels au sacrifice expiatoire sont tous intégrés à l'unité artificielle que crée la détermination imaginaire d'une entité victimisable que la masse se doit d'intégrer en son sein en la protégeant de toutes les formes du mauvais esprit.
Mais mais...
Si tous ces stigmatisés rédempteurs disparaissent dans le grand texte de l'amour et de la compassion, que faire de ce besoin, vital, de trouver un coupable et une fois trouvé de lui faire la peau au titre d'une étape nécessaire vers la salvation ?
Le lynchage, sous toutes ses formes a surtout des fonctions coalescentes mais si il ne reste personne à lyncher c'est au sein de la fiction de l'unité groupusculaire que ça s'écharpe.
Donc, allons-y, trouvons un nouveau groupe sur des critères naturalistes aisément identifiables qui puisse servir d'exutoire à toute cette haine, cette rancoeur accumulées, ce traitement mentalement insalubre que subit le collectif et accusons-le de tous les péchés du monde, oui, TOUS.
L'égoïsme de toute façon dont cette génération maudite a fait preuve mérite une punition exemplaire, au dépend tout de même de la réalité factuelle et historique mais qui pense encore que la réalité factuelle et historique est une valeur essentielle à prendre en compte ?
Le Vieux, dit, en langue intercontinentale "Boomer", même si il est avant tout votre père ou votre mère, est condamné au pilori parce qu'il n'apparait jamais en tant qu'individu réel, cotoyable, soumis donc à l'extraction de son cas des lourdeurs des généralités vite balancées mais, comme dans tout mal en "isme", en tant que groupe indistinct "en soi" coupable.
A fortiori quand d'une façon sous-jacente et silencieuse parce qu'inconsciente, ces règlements de comptes ( quels comptes on ne saura jamais sauf à dire qu'il est responsable de la dégradation des meorus, de l'explosion de la structure familiale, de la misère du tiers-monde, du réchauffement climatique et du taux d'intérêt des prêts immobiliers) sont mus par le ressort d'une envie mortifère et le constat si terrible qu'à moins de tout renier de ce passé si proche qu'il est encore du présent, et de considérer tout ce qui remonte à plus de trois semaines comme taché d'une obsolescence morale insupportable, ne reste comme moteur de la création pas grand chose dans la broyeuse de l'intelligence collective du néolibéralisme.
C'est donc la tête haute que toute la voix publique occidentale y va de son couplet vieilliste sans aucune retenue ni aucune pudeur, sans aucune maîtrise d'autre chose que de quelques poncifs et surtout sans s'apercevoir que cette stigmatisation est un élément actif de toute la révolution anthropologique orchestrée ailleurs et depuis longtemps avec ses fantasmes de vie éternelle, de criogénisation, d'individu augmenté, de suicide assisté, d'euthanasie des non productifs, de jeunesse comme incarnation du renouvellement incessant de l'acte consumériste et de l'amnésie comme état d'âme.
A ce mouvement, disons que le Vieux lui-même a largement contribué, non par égoïsme mais par pure lâcheté intellectuelle et impuissance morale, coincé dans la notion incroyablement stupide d'un apport possible de produits "anti-âge", la honte du fait même de vivre, dont vieillir est, jusqu'à preuve du contraire, la seule forme possible, et qu'il s'est lui-même coincé dans l'éphémérité du rouleau compresseur de la "tendance" qui, à être suivie, vous rassure sur le fait que vous êtes encore un peu vivant ou visible ce qui veut dire la même chose. Mouvement ou la jeunesse est devenue un qualité en soi sans que quiconque questionne laquelle. EG
3.07.2025
La poufiasse et le technocrate.
La poufiasse et le technocrate.
Nous sommes encore tributaires, enchaînés, aux deux corps du roi, c'est à dire encore baignés dans nos imaginaires en mal de guidance et de sécurité, dans le mythe d'une entité sachante, de par son statut de nature divine ou son aura représentative démocratique, porteuse, de par cette sorte de grâce qui lui est octroyée des coulisses fumeuses du fantasme, d'une "vision" et d'une capacité à projeter ceux et ce pour quoi elle a été choisie, élue, vers un avenir, en toute connaissance de cause.
Nous sommes incapables de seulement imaginer que là où les "choses" et leurs causes se décident, on ne puisse pas ne parler et ne décider qu'en sachant ce qu'on dit et pourquoi on le dit.
C'est à dire d'une place en-deçà de la gaine du discours sensé rallier les âmes au pouvoir de sa maîtrise, d'une place éclairée, soit par le souffle divin soit par celui du cursus socio-politique des études spécialisées des "élites".
Nous sommes incapables de seulement imaginer que cette entité, plus ou moins poreuse dans sa gouvernance aux émanations de son peuple, plus ou moins craintive quant à la capacité des invisibles à s'enflammer et à vouloir, parfois pouvoir, tout foutre en l'air, est dédiée avant tout à la tâche de nous tenir : obéissants, naïfs, passionnés, amoureux, attentifs, apeurés, fanatisés, épuisés, rentables, c'est à dire complètement coupés de toute maîtrise, de toute volonté de décision sur les divers dossiers, évènements, fonctionnements des institutions, ceci étant uniquement dévolu à ce qu'on nomme "le pouvoir".
L'opposé du pouvoir étant l'impuissance, même si le recours aux urnes est encore présenté comme le ressort de cette démocratie, pire, son essence, laissant de côté toute implication de ce peuple dans les matières et le traitement des questions qui, pourtant, le concernent et le touchent dans sa chair même.
Evidemment parfois la fine toile qui recouvre la réalité des compétences et de la maîtrise de ces dossiers, souvent brûlants, se déchire ici ou là, générant une question absolument embarrassante : savent-ils de quoi ils parlent ?
C'est à dire que, au-delà de ce qui sera catalogué comme mensonge lorsqu'on se prend à regarder derrière cette déchirure, n'est-on pas surtout aux prises avec une sombre incurie, une ignorance vertigineuse du contenu de ces dossiers, des enjeux, du contexte historique, une forme d'illettrisme politique et d'arbitraire décisionnel qui fait que quoi qui puisse être dit, ce n'est justement jamais "en connaissance de cause", mais comme dans le plus épais d'un conditionnement soumis à des poncifs, des clichés, des affabulations, c'est à dire complètement étranger à toute maîtrise mais simplement enveloppé de locutions et de certitudes rhétoriques sans fin.
Autrement dit, ce qui semble de l'ordre du politique, c'est à dire de la capacité décisionnelle éclairée par une forme de sagesse, de recul et d'un surplomb, au moins paritel des enjeux des choix et de leurs conséquences, et donc d'une forme de culture, est réduit à des jeux de langage, tous aliénés aux mêmes stéréotypes, un peu comme dans le cas de certains excellents vendeurs qui seraient capables de vous fourguer n'importe quoi en utilisant les mêmes ressorts, les mêmes stratagèmes sans que la nature ou les qualités de ce qu'ils vous vende ne soient jamais impliquées.
Il suffit pour cela de parler vite, fort, en ayant en soi la fermeté de ses appuis sur son droit au pouvoir et à son exercice, sur des pans de rhétoriques extensibles et adaptables pour pouvoir faire l'impasse sur ce qu'on appelle "le fond".
Personne ne viendra, de toute façon, contester, personne ne viendra questionner la véracité de ce qui est affirmé, puisque c'est de cette enclave du pouvoir-sachant que s'infligent ces discours ; médias, scène politique ostensiblement unifiés dans cette stratégie bien rôdée du fac similé.
Celui qui est actuellement en charge, lorsqu'il s'adresse, de sa place du pouvoir-sachant, à ce peuple bridé, semble "savoir ce qu'il dit", et effectivement il sait ce qu'il dit, mais il ne sait que ça.
Il n'a aucune idée de ce qui gît derrière ce qu'il dit, c'est à dire de ce qu'on nomme "la réalité" et de sa complexité immaîtrisable. L'énormité de l'écart entre cette réalité et ce qu'il en dit amènent évidemment à se demander comment un tel discours, émis avec une telle faconde est possible : une intelligence exceptionnelle du mensonge, de la manipulation machiavélique des foules ?
Ce qui impliquerait qu'il sait qu'il ment et qu'il connait parfaitement les enjeux qu'il cache.
Ou hélas, plus simplement, une ignorance crasse de tout, une incurie cachée bon an mal an par les atours du baratinage ?
Un argument de vente.
Cet individu a été promu sur un costume de scène qui a amené chacun de ses adeptes à le considérer comme une forme d'étoile, aggravant la dépendance des foules à son côté sacré, tout-sachant, tout-puissant, côté qui demeure une demande expresse des masses qui exigent d'être conduites et guidées.
L'esprit de mode ayant une capacité surprenante à l'effacement des mémoires et une incapacité à élaborer du savoir à partir de l'expérience, il peut resaler la soupe encore et encore, tout en ayant pourtant montré tant de fois à quel point il est nul même si il est avenu.
Le temps faisant son oeuvre sur les paillettes, l'usure de ses tactiques montre tout de même à beaucoup un esprit laminé, une pauvreté intellectuelle alarmante et surtout, une sorte de calque de la médiocrité ambiante, qui admet que des animateurs, il faut le dire, lamentables, soient érigés en martyrs de la libre pensée sans pensée, s'emparent de sujets vitaux pour baver et faire baver leur cour et puissent aller jusqu'à s'imaginer être élu à la tête du pays alors qu'ils ne sont que des bonimenteurs de foire.
L'ère de la Poufiasse vibre dans tous nos synapses, avec sa vulgarité et sa bêtise, avec ses limites logiques et ses adulations irrationnelles, avec son goût immodéré pour le trivial et son culte du médiocre, abreuvé aux fontaines des experts et des mirages de la technologie décisionnelle.
Ce type, qui a été élu par cette époque, n'est au fond que le témoin, l'incarnation du manque de rigueur, morale, intellectuelle, du manque d'exigence éducative, du manque de goût pour l'effort et le travail sous-jacents à toute entreprise, a fortiori celle de gouverner une nation.
Il incarne la promotion de l'instant, l'impossibilité à résister à la frustration, il est le parfait artefact de la société du spectacle, qui n'apprend jamais de ses erreurs, trop occupée qu'elle est à se faire dorer l' écran. EG
3.06.2025
Aux larmes citoyens !
Petit conte amiènois Vingtième épisode.
"Comment ça Père Ubu ? Qui a dit ça ?
Qui c'est d'abord Père Ubu ?
Tu trouves que j'ai pris un coup de vieux ?
Tu rigoles ?
Je n'ai jamais été aussi en forme, j'ai été resplendissant, admirable, grave, concentré, impeccable.
Tu vois ma tutrice, j'aurais dû m'y mettre beaucoup plus tôt, j'ai trop attendu.
Même si j'ai plutôt fait du bon boulot dans la perspective de la destruction incohérente de tout, c'est resté assez peu visible au fond, moi-même parfois, j'ai bien du mal à discerner ce qui reste encore debout et ce qui s'est correctement effondré.
Là, tu vois ma tutrice, ça aura le mérite d'être clair, tout sera réduit à néant, poussière, débris, résidus, tout sera supprimé de la surface de la mère patrie, sauf moi. Et toi, si tu es gentille.
Je garderai peut-être dans mon abri antiatomique quelques-uns de mes sbires les plus jolis, je reformerai un gouvernement du néant et la boucle sera bouclée.
De l'hygiène, de la désinfection, enfin un pays sans habitants, j'en profiterai pour virer la Taty Teutone qui n'est de toute évidence pas assez folle pour nous conduire suffisamment rapidement vers l'anéantissement et je prendrai sa place sur le trône.
Tu as vu, ma tutrice comme tous ces pays qui survivent tant bien que mal à leur élus sont convaincus ?
C'est mon truc, m'installer à la place du père, c'est mon truc, je suis rodé, maintenant que le Grand oncle d'Amérique a disparu de la scène stratégique, je prends les rènes, je mène, je dirige, j'écris mon nom en lettres de sang dans l'histoire, Marie la sanglante, du pipi de chat, Ivan le terrible, un tendre à côté de moi.
Je vais me faire nommer Empereur de l'apocalypse, Grand Commandeur de la décision catastrophique, Guide de la destruction massive ...
Je lui ai parlé, sois tranquille, l'animal domestique est chauffé à fond, prêt à en découdre, il a encore une fois gobé chacun de mes mots, con comme il est.
Dans le style couleur locale et héritage patrimonial, je serai la réincarnation de Napoléon, celle de Guillaume de Normandie, de Philippe le Bel ...enfin, tu vois...
Une Europe complètement anéantie, c'est tout de même un sacré projet non ?
De toute façon, vu ce qu'il en reste, on fait aussi bien de tout foutre en l'air.
Tu sais, ma tutrice, que l'on a tous les deux quelques petites bricoles à se reprocher, quoi de plus pertinent qu'une guerre perdue d'avance pour effacer nos fautes ?
Il faut que nous nous amendions, c'est sûr, et moi, et toi aussi, on a beau dire, ce que tu as fait ce n'est pas joli joli, alors c'est tout de même plus raisonnable de faire payer l'addition à des individus complètement insignifiants qui n'ont rien demandé.
De toute façon, je les hais, ces bouzeux, ces minables, ces provinciaux assistés, je hais ce pays, ses fromages et son goût pour les révolutions ratées. Je les hais de m'avoir cru, de m'avoir élu, deux fois, de ne pas s'être aperçu à quel point je suis un cave, un inculte au fond très limité intellectuellement malgré tous mes milliers d'interventions médiatiques spectaculaires.
On peut imaginer facilement de voir remplacé sur la carte cet hexagone obsolète par, je ne sais pas moi...un petit duché ou par une principauté dont on sera les princes, où nous assurerons notre avenir en mangeant des glaces, qui peut me dire que ce n'est pas une grande idée, encore une, encore une !!!
Tout ce que je décide, tout ce que je dis, tout ce que je raconte et ordonne est catastrophique, c'est ma spécialité, mon expertise, je ne sais pas ce que je décide, ni ce que je dis, ni ce que je raconte, ni ce que j'ordonne parce que je suis complètement creux, ma tutrice, tu sais ça n'est-ce pas ? Creux à l'intérieur, gonflé à ton gaz et aux miasmes du pouvoir plutôt illégitime depuis si longtemps que j'en ai perdu jusqu'à la sensation de respirer.
2.11.2025
Petit conte amiénois Dix-neuvième épisode
Les quelques membres du personnel qui vivaient encore au Palais essayaient de se déplacer le plus discrètement possible. Il avait été convenu qu'ils devraient quitter leurs chaussures, véhicules de tant d'immondices, de souillures, de débris venus de l'extérieur et, dès leur arrivée, enfiler une paire de charentaises qui étaient dès leur départ, en fin de service, immédiatement désinfectées.
Il régnait un silence de plomb dans tout l'édifice, sauf dans les cuisines du sous-sol d'où quelques gloussements émergeaient encore parfois.
Les consignes avaient été extrêmement claires, de petits stickers collés un peu partout dans tous les coins et recoins du Palais : "Qu'on lui foute la paix !"
On se doutait que cette injonction provenait directement de la Tutrice puisque le petit Emmanuel demeurait invisible, cloitré nuit et jour dans une alcôve qu'il avait, murmurait-on, fait transformer en abri antinucléaire, au cas où.
Et, disons-le sans ambage, c'est vrai que le Petit Emmanuel n'allait pas fort.
Il n'avait jamais vraiment manifesté le moindre intérêt pour ses fonctions présidentielles, n'y trouvant pas les satisfactions qu'on lui avait fait miroiter avant son premier mandat : "Tu verras, tu pourras faire et dire absolument tout ce qui te passe par la tête, personne ne te comprendra de toute façon, aie l'air convaincu, incisif, déterminé etc. ça marchera comme sur des roulettes"
Et c'est exactement ce qu'il avait fait, année après année, se projetant avec sa Tutrice sur toutes les scènes possibles, à l'étranger et parfois dans quelque bourgade nationale, levant ses petits bras très haut vers le ciel, vociférant, organisant des référendums à qui mieux mieux , changeant tout du sol au plafond afin de donner à cette contrée un peu de son allant et lui insuffler de son énergie quasi-cosmique
Que dalle. Les échos qui lui en revenait, et dieu sait pourtant qu'on ne lui disait pas tout, témoignaient tous d'un fiasco monumental, fiasco dont il contestait entièrement la réalité et qu'il s'employait à faire passer aux oubliettes en mettant en ligne presque quotidiennement des vidéos où il s'affichait lui-même et exprimait directement à son peuple bien aimé tout ce qu'il avait sur le coeur.
Ce n'était pas joli joli...
Mais il gardait le meilleur pour la fin comme il l'avait confié à son meilleur ami, maintenant en charge, à lui seul, de tout le fatras des limites constitutionnelles.
Deux mandats, tu te rends compte, qu'est-ce que c'est que deux mandats pour tout mettre sens dessus dessous ?
Deux mandats, deux tout petits mandats, que veux-tu que je fasse en si peu de temps ?
Son meilleur ami acquiescait, comme il l'avait fait, accompagné de toute sa petite famille qui le secondait dans son soutien indéfectible depuis la première heure, ou du moins, depuis que la place présidentielle était assurée pour un certain temps.
Il allait donc, ce meilleur ami, maintenant s'assurer que ce certain temps devienne un temps certain en rallongeant la sauce : on ne transforme pas un tel pays en décharge du Tiers-monde en un claquement de doigt.
Seul dans son abri le Petit Emmanuel prenait encore de temps en temps des nouvelles de sa tutrice, mais, il faut l'avouer, sa passion en avait pris un coup, et si les liens sacrés du mariage ne l'avaient pas retenu, il l'aurait bien balancée elle aussi.
Elle ne lui amenait que des ennuis, des rumeurs ne cessaient de circuler, sur place et ailleurs, sur des lettres, des documents, des choses secrètes qui n'allaient pas tarder à être divulguées.
Le Petit Emmanuel n'y comprenait pas grand chose mais tout ce remue-ménage autour de quelqu'un d'autre que lui l'exaspérait au plus haut point.
Il s'était décidé pour reprendre la main et déclencher un scandale plus scandaleux que ces histoires glauques de pédophilie, d'abus et je ne sais quoi, à utiliser un merveilleux outil très actuel pour faire n'importe quoi et se mettre lui-même en scène sans aucun effort, ni aucune idée, ni aucune inspiration, ni aucun talent et il avait pleinement réussi, jusqu'à complètement oublier à quel titre il était supposé, par simple sens des convenances et par respect pour sa fonction, ne pas mettre ce genre de saleté en ligne mais c'était trop drôle, vraiment, et, en tout état de cause, il n'avait jamais vraiment exercé les fonctions de Président, donc tout allait bien.
Et puis, soyons honnête, rien ne le titillait plus que l'humiliation, rien ne déclenchait en lui plus de tirs hormonaux, lui faisant briller les yeux comme des petites étoiles, que lorsqu'on se foutait ouvertement de lui, quand on le méprisait publiquement, lui crachait au visage, autrement dit quand ce qu'il savait de son imposture foncière lui revenait, manifesté avec brutalité comme une juste punition, par quelqu'un d'autre.
Donc, vidéos artificielles impensables, misère intellectuelle, déroute morale, cupidité, corruption ou pas, c'était tout pareil, il ne savait pas ce qu'il faisait là, à part faire comme si il savait, et ça, nourri régulièrement par quelque publication absurde, quelqu'imbécile commentaire, quelque nouveau faux-pas diplomatique, ça pouvait durer longtemps encore.
A suivre... hélas.
2.09.2025
L'Ere de la Poufiasse. Suite Cyril Président !!!
C'est ainsi, comme la marche presque naturelle des choses dans un environnement civilisationnel où tout a fini par s'acheter et se vendre et où donc, au fond, tout se vaut.
C'est ainsi, comme l'ultime signe de la poussée permanente des symptômes d'asphyxie d'une élite ayant fait le choix de ne se mouvoir que sous son propre vide et ne pouvant céder la place qu'à ses propres membres dans un baiser fatal de la Muse médiatique et des reliquats contaminés jusqu'à l'os arborés par les garants de nos institutions.
De ce mariage d'amour où les deux partis s'adonnent, la main dans la main, à des orgies d'audimat, où n'importe qui peut se lever et entonner la Marseillaise puis l'Hymne à la joie au moment du dessert en étant certain que tous les participants au banquet vont l'acclamer d'une manière ou d'une autre, est sortie une forme de monstre en tuxedo, un à-peu-près fort en gueule, un facsimilé qui a pris tout l'espace auparavant dédié à la chose politique et à la réflexion sur ses fonctions.
S'incarne dans le simple fait qu'une telle candidature soit envisageable, possible, souhaitable et souhaitée, la définitive inscription de ce pays dans l'Ere de la Poufiasse, qu'il a peut-être dans ses gènes, soyons honnête, mais que d'autres forces pouvaient à tout le moins contrecarrer il y a encore quelques décennies.
Au fond, une telle candidature est le couronnement de cette longue période de démocratie médiatico-consumériste franco-française, baguenaudée dans la brutalité primaire des Oncles d'Amérique qui l' a décapitée, où n'importe quel avis, à la condition d'être bruyant et, si possible, injurieux vaut pour savoir et expertise, où n'importe quel "débat" n'existe qu'à la condition qu'un des argumentaires" "terrasse", "écrase" , "anéantisse" l'autre sans qu'aucun des visibles en lice ne sache vraiment ni ce qui s'est dit ni pourquoi.
Que cet individu, favori apparemment des Gilets jaunes (!!) et des Travailleurs de banlieue (!!) accompagné de ses sbires mâles et femelles, tous plus désolants et béotiens les uns que les autres, agitant leurs petits cartons : Oui / Non pour bien montrer, le plus simplement possible au public peu exigeant leur engagement dans leurs parades programmées d'avance et dans leur arrogance, tous grosniqueurs sans passé, payés pour faire la claque dans la polémique en plastique qu'il promeut au jour le jour, que ce pur produit mafieux qui s'est octroyé le droit de faire du "Zelinsky", c'est à dire de penser pouvoir devenir le bien aimé guide d'un pays comme la France en jouant comme son héros du piano avec sa bite, n'est que l'étape ultime de la lente déconfiture dans le kitsch de ce même pays et de son goût étrange pour l'auto-castration.
Au fond, ce qu'il exhibe dans cette candidature c'est le besoin, évident, d'hommes nouveaux mais aussi le fait que dans le microcosme qui les accouche, il n'y en a plus à espérer donner naissance qu'à des pantins acéphales.
EG
1.06.2025
In memoriam
Filmer / Se filmer
Fixer le moment majeur. Le transformer en moment mémorable
Être uniquement présent, c'est à dire dénudé, dépourvu des outils de mémoire que sont les supports technologiques dans le moment de la "contemplation" c'est accepter de perdre, une fois ce moment passé, le déploiement de ses effets, sensitifs, émotionnels etc. et se plier à sa nature fugace et immatérielle. C'est aussi donner à ce moment une sorte de liberté dans sa capacité à s'inscrire ou non dans l'appareil mémoriel.
Est-on entrain de vivre un des glissements caractéristiques des révolutions où le mode d'emprise sur la réalité, à travers ou par l'intermédiaire de la trace visuelle initie ce que Pontalis nomme une "révolution de la vision témoignant d'une transformation du régime du penser". ? (1) p.237 NRP
Ce moment, fête, célébration privée ou publique figé dans l'image de la vidéophilie pouvant s'offrir à volonté et supposé reconductible, s'anticipe comme "revivable", sans limite de temps et il "tendrait, sans jamais l'obtenir, vers la possession de la chose-même, telle que peut la figurer ou la fixer une scène figée pour l'éternité" (2) en pouvant être sollicité à la demande.
Contrairement au souvenir qui ne peut prendre forme visuelle et ne se manifeste qu'en tant que simple enclave de temps élaborée, et d'une certaine façon dénaturée par les filtres de la mémoire, devenant donc moment sur lequel seront avant tout et peut-être uniquement applicables des avis appréciatifs : c'était...bien, magnifique, agréable, étonnant etc. mais ne fournissant jamais une restitution intégrale de l'expérience elle-même telle qu'elle n'est que fuyante et vouée à l'effacement, la mise en boîte vidéophile anticipe le fantasme d'une possibilité de revivre la conjonction de la forme esthétique et de l'intimité sensitive entre cette forme et le panel de sensations que celle-ci génère, c'est à dire son soubassement émotionnel et sensitif.
La volonté, le besoin devenu massifié de " fixer" les moments identifiés comme "majeurs" donnent à ceux-ci une mission de résurrection, de réveil et les fait entrer dans l'officialisation des moments mémorables avant même que l'expérience leur en ai donné la matière, comme une sorte de mise à jour permanente et anticipée des capacités de nostalgie mais vouée à toujours rester en-deçà de l'attente puisqu'aucune des conditions réunies lors de l'évènement ne peut se retrouver dans sa duplication.
1.04.2025
Rouler en Twingo jusqu'à la fin de l'éternité.
Rouler en Twingo jusqu'à la fin de l'éternité.
12.29.2024
Je NOUS aime "Le maraîcher de Madame Geoffrin*"
Deux spectacles offerts à la sensation d'exaspération permanente qui occupe le terrain de force : le cadeau de l'hebdomadaire Marianne pour le Nouvel an intitulé : les cents qui font l'opinion et, plus ancienne et "chopée" par hasard et par curiosité, l'écoute attentive d'un court épisode de Hanouna où les chroniqueurs s'expriment sur la personnalité de Dupont Moretti.
Et c'est donc avec l'équivalent plus policé d'une mise aux fers que s'impose cette certitude de notre aliénation par les "commentateurs" de ce qui est sensé être la vie publique. Mais pour un public sans vie.
Ceux qui sont supposés " faire l'opinion" sont tous des Parisiens, et quasiment tous des journalistes, chroniqueurs ou éditeurs, quelques hommes politiques et un ou deux artistes, Kamoura entre autres où évidemment quelle surprise, ceux qui ne sont pas partie prenante du Grand progressisme sont étiquetés : réac.
Dans l'autre pièce s'agitent des individus qui ont tous à cracher sur Dupont Moretti, maintenant promu au rang d'amuseur public officiel grâce à son spectacle et à les écouter, quoi d'autre qu'une sorte de désagréable vertige vous prend : le "débat" si tant est qu'on puisse encore qualifier ainsi ces propos est terriblement, horriblement indigent et tourne comme tout propos depuis pas mal de temps, autour de "J'aime, je hais" la personne qui a dit cela, m'a téléphoné pour, aurait dû, ne s'est pas, autrement dit le plus ragoteur de tous les rassemblements parisiens des praticiens de la com. élitistes mis sur la table de l'audiovisuel comme plat unique.
Des individus dont on ignore tout de leur expertise ou de leurs recherches, tous parlant fort, tous arrogants, s'évoquant à longueur de temps les uns les autres, se haïssant, se remplaçant, se promouvant, se dédaignant, s'insultant, déjeunant ensemble, se rencardant dans une fébrilité solidement arrimée aux rails, tout ça dans une sorte de cloaque intellectuellement déficient qui fait office de spectacle éducatif 24/7 pour ... l'OPINION.
Et c'est ça, voyez-vous auquel nous sommes, nous les anonymes, réduits, par quoi nous sommes, nous les anonymes, écrasés et effacés : réduits à être une "opinion", c'est à dire une sorte d'éponge molle qui absorberait indifféremment et sans préalable, ce que ces élus du succès audimatique lui déversent dans la gorge, eux, ces anonymes réduits à un total silence ou au jet de quelques fiantes sur les voies publiques pour exprimer leur malaise.
On peut toujours taper de nos petits poings sur la table, cliquer en veux-tu en voilà, on peut toujours faire semblant de croire que ce qu'on pense est à nous, que nos banderolles, nos foulards, nos slogans sont les signes de la validité de notre conscience et de nos choix poltique, on peut toujours avoir le sentiment de faire acte de justice en glissant notre petit bulletin dans la boite, ce mépris absolu de toute cette cohorte de sachants béotiens, de grandes bouches ayant fait leur trou dans la couche d'ozone médiatique est et reste le SEUL vrai cancer de la "démocratie" qui n'a jamais existé, soyons lucides, en dehors des livres.
L'image renvoyée du populot, du "petit blanc" comme l'appelle avec pitié et condescendance Lordon, de l'opinion, se fait et se défait en fonction de ce qu'on lui déverse comme fadaises pseudo-polémiques dans le gosier. Toujours réceptacle, toujours passive.
Ces gens-là, devenus l'élite médiatico-politique qui s'accroche désespérément au rocher de l'audimat vibre du matin au soir des secousses du scoop, des frétillements du traumatisme, des overdoses de superlatifs et des états d'âmes justiciers tentant d'appâter l'indolence consumériste et anthropophage des masses usagères.
Ils ont pu en quelques décennies se revendiquer de complètement obnubiler les cerveaux, sur le modèle accepté sans broncher ou presque du couple miroir de l'"influenceur" ou du "follower", rien entre les deux, ils ont dû avant tout, par pure indigeance ou par démagogie simplifier , simplifier tant que la citation de quelques ouvrages par Zemmour a pu le faire passer pour un intellectuel, ils ont pu réduire à néant toute idée que ceux auxquels ils sont sensés s'adresser ne sont pas des enfants et dans le même mouvement ne sont pas que des planches à se faire découper sans jamais vraiment demander ou même penser devoir demander de comptes.
Ce glissement vers le néant de l'intelligence et de l'analyse, cette sorte de simplification du complexe imposée afin de convenir aux esprits étriqués et sous-alimentés des masses s'est opéré dans un aller et retour entre l'offre et la demande qui a progressivement induit puis éliminé la demande en ne la concevant plus qu'en terme quantitatif d'audimat puis, plus récemment en terme de masse urgemment éducable à éclairer.
Le niveau délétère des discussions quotidiennes dans ces sphères, les polémiques, scandales incessants là pour stimuler les libidos anémiées du public, les partisaneries enkystées dans des dénominations et des démonisations archaïques, les querelles de clocher, de plateaux et de prérogatives sont devenus les SEULES PAROLES POLITIQUES, c'est à dire un filet étouffant d'échanges ne se déroulant sur le modèle gentil.méchant que dans un cercle étroit autour duquel tourne une "France périphérique" désespérément muette et frôlant l'ulcère ou condamnée à ne s'exprimer que dans des spasmes idolâtres sur les réseaux sociaux.
"France périphérique" obstinément recluse à se faire prendre pour ce qu'elle n'est pas puisqu'elle n'est plus rien.
"France périphérique" qui n'a, au fond, jamais vraiment pris la parole, sauf à se faire déchiqueter dans les diverses tranchées qu'on lui a demandé d'occuper au cours de l'histoire ou à devenir un mythe que l'intelligentsia parisienne a largement fagocité, mythe cause et moyen d'une révolution prochaine sous les atours d'un prolétariat rédempteur qui a nourri ces mêmes intellectuels de la fin du siècle et leurs travaux qu'elle n'a jamais lu ni considéré comme la représentant en rien.
Nous pouvons imaginer que les "changements" se doivent d'être politiques, c'est une erreur et le fruit avarié de la seule pensée qui s'impose sans jamais trouver à se faire contredire ou surtout, évacuer.
Ces changements, ils sont avant tout dans la capacité de cet anonymat réduit à n'être qu'une opinion, dont toute cette élite consanguine se nourrit comme les sangsues de toute forme de créativité et qui croit que son pouvoir réside dans l'alternative "amoureuse" qui lui a été fourrée dans l'anus par l'idée que dire "j'aime" pouvait lui permettre d'exister et que ces représentants qu'elle se laisse donner sont réellement un choix qui dirait quelque chose sur autre chose que la température de ses émotions.
Grandir, grandir, porter la parole à un niveau de présence, autre que le cri et que l'insulte, ce qu'on a pu voir, un peu, avec les Gilets jaunes, alors que d'une part la première des geôles dans lesquelles ils se sont fait enfermer a été d'immédiatement se laisser choisir des "héros", devenant aussitôt personnages médiatiques, des "porte-paroles" d'une parole qui n'avait pas eu le temps d'éclore, même si, ensuite, on a aussi vu comment la maladresse, l'absence de confiance, de certitude du bon droit langagier, l'éloignement générationnel et sociogéographique des lieux du pouvoir, qui présidaient aux premières interventions sont devenus avec la pratique et le temps plus cohérents et plus audibles.
Les membres du Parti communiste, sa base, avaient l'obligation de se "former" au discours du Parti. Il va de soi que les représentants des divers partis actuellement en scène ont, eux-aussi l'obligation d'ingurgiter de la rhétorique pour la recracher mot pour mot sur les plateaux.
Mais comment concevoir quelque chose d'un discours qui se crée et qui s'enrichisse lorsque celui qui l'émet est réduit et se réduit à être simple vecteur d'une "opinion" affirmée par un autre supposé avoir les clefs qu'il n'a pas ?
* Madame Geoffrin était l'une des grandes mondaines parisiennes du XVIIième siècle qui attirait l'élite culturelle et artistique et accueillait les penseurs en vue avant la révolution, la fréquentation de ces nombreux salons, plus ou moins cotés a été un des élements concurrençant les critères de la Cour. " Le monde des salons" Sociablité et mondanité à Paris au XVIIIième siècle Antoine Lilti Fayard